La maison d'alzaz ou le blog de l'écologie

1 juillet 2009

L’écologie, science à part entière

La maison d’alzaz, le blog de l’écologie pour les jeunes de 7 à 777 ans

Désireux d’y comprendre quelque chose ? Venez visiter ce blog dans lequel je me penche au chevet de la maison Terre, un peu accidentée. Vous y trouverez :

Des éléments d’écologie sous forme de leçons scientifiques mais plutôt décontractées.

Et bientôt :

Des dossiers sur les différentes problématiques environnementales, soulevées depuis une cinquantaine d‘années déjà.

Des textes traitant d’écologie politique, incontournablement politique.

Bonne lecture…

René DumontL’écologie n’est pas l’écologisme. Elle ne peut à elle toute seule prétendre répondre à l’ensemble des inquiétudes concernant l’environnement (ou milieu ambiant) et qui nous assaillent de plus en plus, le temps passant. Quant à l’écologiste engagé, il promet tout, sans sembler douter de rien ;  la cause devient politicienne, elle échappe à la science.

Si l’écologue (qu’il ne faut donc jamais confondre avec l’écologiste) doit pouvoir puiser dans toutes les branches de la Science, il n’en demeure pas moins que l’écologie n’est pas un syncrétisme idéal, issu de l’ensemble de nos connaissances savantes. L’écologie est en fait une branche de la biologie ; elle est une unité conceptuelle et possède sa logique et sa méthode propres. Rien à voir avec le José Bové menottémilitantisme auquel on a lié l’idée d’écologie dans les années 70. René Dumont, pourtant ingénieur agronome, en avait, en se présentant en 1974 aux élections présidentielles, fait un cheval de bataille politico-idéologique, repris par tous les soixante-huitards et la jeunesse qui suivait. La suite nous portera souvent à tirer, du vil système industriel et de ses affres, cette conclusion incroyable d’un retour à la bougie. Ce n’est jamais l’avis d’un écologue, scientifique d’abord et progressiste par définition, militant possible ensuite. J’emploierai souvent le terme écologue, peu celui d’écologistes. Il peut exister de mauvais écologues, qui promettent de résoudre tous les problèmes ou de les embrasser tous, mais ce sont des scientistes prétentieux et orgueilleux (science sans conscience…), bien éloignés de la vérité : l’écologue propose modestement, néanmoins sérieusement, de participer à l’amélioration de notre monde afin d’aider l’homme à durer malgré les risques qu’il encourre et les menaces qu’il se crée. Il peut contribuer, par ses recherches et rien ne l’en empêche, à jeter les bases d’une meilleure politique environnementale.

L’écologie s’est érigée en système scientifique rationnel se donnant pour tâche d’étudier le monde vivant à ses différents degrés d’organisation (voir plus bas), de l’individu à l’écosphère. Ceci dit, il faut passer par l’étude des populations (peuplement d’une même espèce), des biocénoses (ensemble de populations de différentes espèces), des écosystèmes (agrosystèmes pour la plupart), du paysage quand il devient préoccupation géo-éco-esthétique (paysage n’est pas ici un mot trivial). Le tout formant la biosphère, à laquelle il faut adjoindre, car ayant un impact sur cette couche de vie, la sphère des affaires propres aux activités de l’homme : l’éconosphère. Le tout étant réuni dans ce vaste espace qu’est le Système solaire (notre écosphère à nous).

C’est dans une optique évolutionniste (la vie n’est pas figée à un stade donné) que l’écologie étudie le fonctionnement de chaque système et cherche à mettre en évidence les relations qui s’établissent entre les êtres vivants, d’une même espèce d’une part ou d’espèces différentes d’autre part -homme compris. De façon empirique, il est montré que chaque niveau d’organisation possède des propriétés bien à lui.

Terre et Lune croissante

L’écologie est une science tellement vaste qu’on peut s’y perdre. Il a donc fallu créer des sous-embranchements et former des spécialistes pour chacun des champs d’investigation. Trois sur cinq d’entre eux importent plus pour la première partie de ce blog et pour l’apport de connaissances suffisantes, qui permettront de se former à d’autres habitudes de vie, à une autre philosophie, les petits gestes n’étant pas suffisants :

l’auto-écologie étudie une espèce donnée dans ses relations avec le milieu environnant. Elles met en ressort l’influence qu’à ce dernier sur l’espèce, les ressources qui lui sont nécessaires (énergie – nourriture) pour une vie optimale, ses capacités à résister aux conditions fluctuantes de ce milieu (saisons, accidents naturels, météorologie…), son comportement alimentaire (trophisme) et ses rapports avec les autres êtres vivants qui l’entourent ;

la démo-écologie, ou dynamique des populations, cherche et élabore les lois qui président à l’évolution des populations ;

la synécologie étudie les écosystèmes, du plus petit (synusie représentée par un crachat !) au plus vaste (Sahara), en passant par les plus courants (forêt, étang, lac, mer, prairie…). Les écosystèmes sont de véritables machines de la nature, s’autorégulant de manière quasi autonome et capables de fonctionner en circuit fermé (autarcie). Leur carburant (très important à se remémorer tout au long du blog) est l’énergie lumineuse, gratuitement fournie par le soleil.

Un écosystème réunit la biocénose (ensemble ou communauté des populations qui le constituent) et le milieu dans lequel les êtres vivants évoluent (biotope). Au-delà, le paysage (ou écocomplexe) dans lequel s’imbriquent plusieurs écosystèmes… mais c’est là un sujet que vous pourrez bientôt aborder in situ, c’est à dire dans la vie de tous les jours sur le terrain domestique, but de ce blog.

N.B. : Ne pas confondre écologie et éthologie (étude des comportements des êtres vivants) ou encore ethnologie (étude des différents peuplements humains)

Photosynthèse

LES DIFFERENTS NIVEAUX D’ORGANISATION DE LA VIE

Cellule eucaryoteVirus grippe aviaireCellule à noyau (eucaryote) d’un organisme pluricellulaire, à gauche ; Virus de la Grippe aviaire, à droite. Les échelles ne sont pas les mêmes

La cellule : unité du vivant, elle en est la plus petite entité ; être à part entière ; individu dans l’individu (pluricellulaires) ; ou solitaire (unicellulaires) ; ou encore pouvant former des colonies. Elle sera le sujet d’étude du biologiste, l’écologiste ayant une formation initiale générale suffisante dans ce domaine pour aborder la sienne. Ce qui va suivre le concerne personnellement.

Sanglier (individu)L’individu : il représente l’espèce elle-même à lui tout seul. Il en est l’unité et le principal sujet pour son étude. Cette dernière, l’auto-écologie, se borne à la place qu’occupe l’individu dans son environnement (niche écologique) et conduit à la notion de facteurs écologiques : météorologie, climat, lumière, température, présence d’eau, sécheresse, altitude, vent, type de sol… pour les facteurs abiotiques (non liés à la vie) ; relations (bonnes ou mauvaises) avec les autres individus pour les facteurs biotiques. Relations avec son espèce (relations intra-spécifiques) ou une espèce différente (relations inter-spécifiques),

Harde de cervidés (population)La population : elle comprend tous les individus de la même espèce qui vivent dans un espace continu et délimité naturellement (écosystème forêt par exemple). Ces individus se reproduisent entre eux. Les gènes d’une population lui sont spécifiques, assurant ainsi la pérennité de cette population tout en n’empêchant pas la remise en jeu de son fond génétique (brassage génétique intrapopulationnel). La population fait l’objet d’études particulières (démo-écologie) ; il faut connaître son effectif, sa dynamique, sa structure et sa répartition spatiale. C’est au niveau de la population qu’apparaissent les premiers signes d’une lutte pour la vie.

Communauté planctoniqueLa communauté ou le peuplement : ils sont représentés par l’ensemble des individus appartenant à plusieurs espèces qui occupent un territoire déterminé. On emploie le terme de communauté pour le règne animal et peuplement pour le végétal ; communauté des mésanges, peuplement forestier, par exemple, aux caractéristiques fonctionnelles bien précises. L’objectif commun ? Croître et survivre ; à ce stade, il y a totale lutte pour la vie, la nature n’est ni sentimentale ni romantique.

Ecosystème forêt (Huelgoat)L’écosystème : à la fois super-organisme et cellule élémentaire de la biosphère, l’écosystème, pour bien simplifier, se compose de son environnement inorganique (minéral) et d’une composante organique =  producteurs primaires et secondaires (végétaux chlorophylliens et non chlorophylliens), consommateurs primaires et secondaires (herbivores et carnivores) ; décomposeurs (champignons et bactéries du sol). Pour mémoire : Ecosystème = Minéral, inorganique, inerte (biotope) + organique, vivant, expansif (biocénose).

Paysage de bocageLe paysage : association des écosystèmes en présence sur un espace d’échelle régionale (écocomplexe), le paysage est une structure spatiale qui n’émeut pas l’écologue comme il peut toucher le promeneur et le contemplatif. Le scientifique y voit une matrice parsemée d’écotones, de réseaux hydriques et de corridors, de ripisylves, des taches la ponctuant de-ci de-là. Entendez, petits bosquets, haies, brises-vent, rivières, fossés, bois, friches, cultures diverses… Ne cherchez pas de poésie en écologie, il n’y en a pas vraiment.

Faune de source hydrothermaleLa biosphère : elle correspond à l’espace total occupé par le vivant, êtres vivants compris. Ses limites sont mal définies (de -11000 m à + 10000 m pour les absolus). On découvre encore des êtres vivants en milieu karstique profond (boyaux de grottes s’enfonçant sous forme de réseaux profonds du substratum en bancs calcaires) ; les probabilités de rencontrer des organismes vivants dans des conditions jugées, il y a encore peu, impossibles (sources hydrothermales des abysses de l’océan) ne sont pas faibles. En ce qui concerne l’espace aérien, la vie exploite des altitudes restées longtemps hors de portée pour l’homme (8000 m pour les grues cendrées en migration). Plus généralement, la vie animale se limite à 6300 m au dessus du niveau de la mer et à la zone photique (atteinte par la lumière du soleil) qui s’enfonce à 100 m de profondeur dans l’eau.

PétrochimieL’éconosphère : ou l’homme dans la biosphère. Les activités économiques de l’homme (agriculture, industrie et services) ont un tel impact sur l’environnement – seulement remarqué vers la moitié du XXème siècle- qu’on en est arrivé à ce blog… La pollution de l’environnement peut être visuelle, sonore, odore… mais elle peut être aussi plus sournoise ; la radioactivité n’est pas ressentie par le corps et certaines molécules très toxiques ont des durées de vie (ou rémanence) exceptionnellement longues (DDT et organo-phosphorés, dioxine…). Les écosystèmes, modifiés pour la plupart par l’homme, sont dorénavant des agrosystèmes pollués.

L’écosphère : la notre, c’est le Système solaire ; car sans l’astre de lumière, la vie semble limitée voire compromise. Selon certains mystiques, les planètes auraient une influence sur les êtres vivants mais cela échappe encore au chercheur sérieux et consciencieux. Selon des chercheurs plus dignes du nom, on pourrait être étonné de rencontrer un jour la vie sous la banquise permanente du satellite Europe de Jupiter…
Systeme solaire

NOTIONS DE PAYSAGE ET D’ENVIRONNEMENT

Paysage de France

Une espèce donnée évolue tout au long de sa vie dans un écocomplexe ou paysage. Ces derniers sont l’œuvre des plantes et des animaux sauvages mais aussi et surtout de l’homme avec son mode d’agriculture. Les constituants d’un paysage entrent dans le cadre d’un vocabulaire souvent usité en écologie :

L’individu va de son expérience dans le milieu en terme d’espace,

BiotopeLe biotope : c’est le milieu physique capable de satisfaire l’ensemble des besoins nécessaires pour le développement de l’ensemble des espèces ou communauté des êtres vivants (végétaux, microflore et animaux). Il s’agit du milieu tant pris en un endroit précis (paysage) que couvrant l’ensemble de la planète Terre (biosphère).

Le domaine vital : ou partie du biotope que l’espèce exploite pour faire croître sa population et s’épanouir (aire de nourriture + aire de repos + aire de reproduction…).

NidL’habitat : c’est le lieu de repos d’une espèce donnée (terrier, nid, grotte…). Disons, l’adresse de notre individu.

Posture de défenseLe territoire : c’est l’espace qu’une espèce défend contre ses compétiteurs et concurrents congénères. Ce peut être un endroit restreint tout comme un immense espace ; il est relatif à l’espèce. En tout cas, le territoire n’est pas le domaine vital.

En terme de rôle,

Niche écologique en forêt (dynamique)Image CNDP

La niche écologique : sa définition n’est pas seulement complexe, chaque écologue de grande renommée en ayant donné la sienne, le choix serait vaste et désavantageux. Pour nous, il s’agira de la spécialisation d’une espèce donnée dans son habitat ; sa profession en quelque sorte (producteur chlorophyllien, consommateur primaire ou secondaire, prédateur ou même super-prédateur). Un métier de bouche très souvent. C’est le jeu du qui mange qui ? et, ce simplement pour trouver l’énergie vitale.

En terme de zone d’extension,

Aire de répartition géographique du sanglierL’aire de distribution ou de répartition géographique : il s’agit de toute la zone terrestre et/ou marine occupée par une espèce donnée (ici le sanglier ou Sus scrofa). Elle peut être réduite ou vaste, continue ou disjointe.

L’individu co-réagit encore en terme de perception sensorielle du milieu (paysage perçu par l‘individu) ou, pour finir, en terme d’intelligence qu’il possède naturellement (biotope intellectuel). Tout être vivant communique.

PETITE HISTOIRE POUR CLORE LE DEBAT

Ou « Le grillon bouloteur sans-papiers victime d’une bonne loi »

Modicogryllus frontalisIl y a quelques années, le grillon afghan (Modicogryllus frontalis) s’est introduit clandestinement sur notre territoire après une longue et périlleuse traversée en bateaux chargés d‘épices. Ayant un permanent besoin de chaleur et d’humidité, il s’est réfugié, lui est toute sa descendance parisienne, dans le métro et chez les quelques boulangers possédant encore un four à bois.

MégotEn 1992, quelques illuminés passionnés de vie s’aperçoivent et s’inquiètent de l’extinction du dit sans-papiers ; il y en a de moins en moins, pour ainsi dire plus, dans les couloirs du métro, et ce depuis le passage de la loi anti-tabac dite Loi Evin.

On s’est aperçu qu‘en se nourrissant essentiellement de mégots de cigarettes qu’on jetait sur les voies il nettoyait gracieusement cet endroit ; l’en priver par la loi l’a conduit à sa perte. En perdant son boulot, il a perdu la vie. Adieu grillon afghan, adieu postérité crissante par millions.

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8 commentaires »

  1. Exposé clair. Merci!

    Commentaire par Pangloss — 1 juillet 2009 @ 8 h 09 min | Réponse

  2. De même ; la clarté est dans mon graal, ma quéquête… 🙂

    Commentaire par alzaz — 1 juillet 2009 @ 11 h 53 min | Réponse

  3. Vivant si j’ose dire .

    Commentaire par yelrah — 3 juillet 2009 @ 11 h 07 min | Réponse

    • Salut yelrah,

      Mon exposé ? ou moi ?

      Commentaire par alzaz — 3 juillet 2009 @ 21 h 13 min | Réponse

  4. Ben l’exposé, mais les deux je présume Docteur …

    Commentaire par yelrah — 6 juillet 2009 @ 10 h 25 min | Réponse

    • En attendant, je suis bloqué parce que je n’ai pas de scanner pour illustrer mon prochain texte. Il attendra encore un peu et vous aussi…

      Commentaire par alzaz — 6 juillet 2009 @ 11 h 05 min | Réponse

  5. Bonjour,

    Je découvre ce blog par hazard, mais avec plaisir car il permet de rafraîchir ma mémoire quelque peu défaillante. Par hazard car c’est en cherchant des infos sur la rhizosphère que j’y suis arrivé. Rafraîchir ma mémoire car j’ai fait de la recherche et de l’enseignement en écologie forestière, il y a déja bien longtemps. Maintenant je m’adonne surtout à la peinture.
    J’ai donc bien l’intention de revenir de temps en temps si toutefois je parviens à ouvrir la page d’accueil, ce qui n’a pas été possible en cliquant sur « retour à la page d’accueil », au dessus de la petite vache !

    Commentaire par FAILLE André — 26 janvier 2012 @ 18 h 59 min | Réponse

    • Bonjour,

      Je ne m’occupe plus beaucoup de mon blog à cause de soucis personnels. J’espère que vous me lirez avec plaisir ; n’hésitez pas à mettre vos commentaires.

      Pour la petite vache, je ne comprends pas ce qui s’est passé, j’ai retiré le lien qu’on peut avoir en cliquant sur le titre du blog. La page d’accueil est en fait (c’est WordPress qui veut ça) la dernière du blog.

      A bientôt

      Commentaire par alzaz — 28 janvier 2012 @ 0 h 04 min | Réponse


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